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CHRONIQUE DES DENOUEMENTS SYSTEMIQUES

Le 28 mars 2017
CHRONIQUE DES DENOUEMENTS SYSTEMIQUES

PEUR, OBSESSION ET SYSTEMIE DE PALO ALTO

 

Anika est une personne très créative, très expressive, très sensible. Elle n’a pas confiance en elle et met la barre très haut, perfectionnisme oblige. Elle se compare sans cesse aux autres. Elle a eu une adolescence et une entrée dans la vie adulte « houleuse » avec les hommes, puis elle s’est calmée quand elle a rencontré Giacomo. Giacomo est un homme très doux. Anika s’en veut tellement de son passé d’addiction passionnelle, de séduction, de théâtralité, et elle se sent si inférieure devant son amoureux qui a un poste à l’Université, elle qui a enchaîné étude sur étude sans en terminer aucune.

 

Elle a très peur d’avoir perdu sa réputation et que cela se sache. Elle commence à s’accuser de façon très compulsive pour qu’il la rassure, lui pardonne, et pour être sûre qu’il va continuer à l’aimer, détaillant tout ce qu’elle a fait et se demandant si elle n’en a pas fait plus, supposant, doutant de sa mémoire, angoissant de plus en plus. Son entourage lui dit « ce n’est pas grave », « Je m’en fiche » dit son amoureux.  Ses amis « Arrête » Ses parents lui disent « Il faut bien que jeunesse se passe ».

 

Elle doit passer son Master ainsi que le CAPES, et elle angoisse de plus en plus. Elle s’accuse de plus en plus et Giacomo se sentant noyé la stoppe de plus en plus. Elle finit par rester au lit à dormir, son psychiatre lui a donné des médicaments pour qu’elle se calme. Cela la fait dormir. Elle part vivre momentanément chez sa mère, pour casser le cercle vicieux et avoir une chance de parvenir à réviser dans un endroit neutre, mais l’obsession la poursuit, elle mange de moins en moins, elle pleure, elle harcèle Giacomo de messages téléphoniques.  Tout ce qu’elle avait échafaudé pour l’an prochain se détruit (projet de famille, maison, enfants) si elle n’a pas son CAPES.

 

Elle doute, elle n’est pas sûre de vouloir exercer comme professeur, elle a seulement voulu montrer qu’elle était capable. Sa mère lui enlève tous les moyens de communication, elle parvient tout de même à  harceler Giacomo. Elle commence à déverser ses angoisses sur sa mère, qui explique et rassure, cela la calme sur le moment, elle retourne réviser puis revient à la charge, ce qui fait qu’au bout de quinze jours, sa mère craque, et elle, Anika, de façon théâtrale fait mine d’aller vers la fenêtre, ou de s’étrangler elle-même avec sa main….

 

Comment alimenter un processus irrépressible ? En rassurant, en contrant, ou en se laissant submerger par le symptôme de l’autre, puis en repoussant l’autre, excédé !

 

Comment désamorcer un processus irrépressible ? En l’occurrence, la pensée obsédante ?

La solution à cette situation précise a été de rencontrer Giacomo et de lui proposer cette tâche : tous les jours, il proposerait à Anika qu’elle lui parle pendant un quart d’heure de ses obsessions, et lui écouterait en silence, avec bienveillance.

Déplacer dans le temps et l’espace un symptôme irrépressible le rend contournable. La personne peut s’exprimer et être entendue, d’abord à la demande et selon disponibilité de l’interlocuteur, puis à heure fixe… et pas en dehors du quart d’heure. Personne ne la contre, ni ne la rassure, ce qui alimenterait son processus obsessionnel..

Petit à petit, Anika s’est calmée et a commencé à avoir de plus en plus de mal à remplir son quart d’heure. Ils ont pu passer du temps à faire des choses agréables et à parler d’autres choses. Giacomo a pu se libérer des émotions que suscitaient chez lui les quart d’heures en les écrivant et en déchirant la feuille sans relire.

 

Parallèlement, un travail très spécifique a été entrepris sur sa peur. Elle devait tous les jours se donner un rendez-vous à elle même, afin de vider le sac de la peur. On appelle cela la demi-heure du pire, ou la demi-heure catastrophe. Une grosse peur qu’on réprime augmente, et l’obsession devient un moyen de lutter contre la peur. Cette demi-heure, elle l’a commencé en séance, car cela lui faisait trop peur de faire venir sa peur, elle qui avait pris l’habitude de s’accuser et de harceler l’environnement avec ses doutes permanents. Cette demi-heure se fait de façon très précise, à heure régulière et au même endroit chaque jour. Un état séparateur permet de refermer la porte. C’est ainsi nous qui décidons quand nous avons peur.

 

Anika a commencé à s’apaiser, et elle se met à s’intéresser au confort de Giaccomo !

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